Témoignage de Raphael Bellemin (3)
Mise à jour le Dimanche, 07 Août 2011 12:47
PREMIÈRES RENCONTRES
En 1937 ma tante Stella nous avait invités ma mère, ma sœur et moi à passer les vacances d’été chez elle à Paris en vue de pouvoir visiter l’Exposition Universelle qui se tenait cette année là dans cette ville. Je vivais en effet alors avec ma famille à Lyon où j’ai passé toute mon enfance.
Or quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre en arrivant que ma tante rentrait d’un voyage imprévu en Bulgarie où elle avait rencontré un Maître spirituel dont elle captait depuis une dizaine d’années sans en connaitre la source les enseignements par écriture automatique, par channeling dirait on aujourd’hui. C’est cette année seulement, en effet, par une rencontre avec un disciple de ce Maître bulgare, qu’elle avait eu la révélation de la personnalité de son instructeur invisible qu’elle imaginait désincarné, ce qui la décida de profiter de ses vacances providentielles de fonctionnaire, pour aller visiter enfin son Instructeur dans les montagnes de Rila où chaque été le Maître Peter DEUNOV présidait un congrès auquel participait une partie de ses nombreux disciples, près de 50.000 à cette époque.
De ce premier contact avec la Fraternité Blanche crée par le Maître Peter DEUNOV, ma tante rapportait toute une documentation, recueils des chants composés par le Maître et chantés en Bulgarie par ses disciples, livres édités en français à partir des conférences du Maître et livret de la Paneurythmie, une danse crée par le Maître sur une musique de sa composition. Mais surtout la plus grande surprise de toute fut de découvrir dans son modeste appartement de la Porte St Cloud la présence du disciple même que le Maître avait préparé pour assurer la pérennité de son Enseignement en France et dans le Monde, disciple qui se faisait alors modestement appeler Frère Michaël et qui se révèlera bientôt comme le grand Maître OMRAAM MIKHAEL AIVANHOV dont nous sommes aujourd’hui les disciples.
Notre premier contact avec Frère Michaël, notre futur Maître, se fit sur la terrasse de ma tante où nous fûmes tellement impressionnés par ce disciple de 37 ans du maître Peter Deunov qui ne parlait alors que quelques mots de français, mais dont le rayonnement était tel que sa simple présence nous transportait dans un autre univers, le monde des entités supérieures qui président aux destinées de l’Humanité. Aussi pour moi personnellement cette rencontre eut aussitôt pour effet de me rendre tangible l’existence de ce monde supérieur qui régissait nos destinée et par voie de conséquence de me libérer de toutes les craintes et les peurs qui m’assaillaient fréquemment dans la vie de tous les jours devant les risques, les dangers, les catastrophes imprévues dont je me sentais menacé en tant que simple être humain. C’est exactement ce que je réponds à ceux qui me demandent ma première impression en face du Maître, et c’est en tout cas la marque indélébile qui a de ce jour scellé l’orientation et la couleur de ma vie.
A travers la lecture des quelques ouvrages du Maitre Peter Deunov en langue française ramenés de Bulgarie par le Maître et Sœur Stella, je découvrais un monde de pensées, de réalités, de vérités qui me remplissait d’une telle joie en harmonie avec toutes mes aspirations intérieures que je fis bientôt de ces ouvrages mes livres de chevet. Je citerai tout d’abord « Le Maitre parle » , « Le Monde des Grandes Ames », « Le Haut Idéal » qui ont été tous trois dédicacés à ma mère par Frère Michaël lui-même qui se présentait alors à nos yeux comme un simple disciple de son Maître bulgare, auquel il faut ajouter « Le Sermon sur la Montagne » , « La Vie pour le Tout », « La Loi Suprême » et « Le Royaume de la Nature Vivante » parue à Sofia cette même année.
Une troisième rencontre allait me marquer profondément comme d’ailleurs tous les premiers disciples français de cet Enseignement. Il s’agit de ces chants merveilleux composés pour la plupart par le Maitre Peter Deunov. A leur écoute j’éprouvai la sensation d’être transporté dans un monde de lumière, d’harmonie et d’amour. La beauté de cette musique allait vite encourager les premiers disciples à vaincre pour les chanter les difficultés inhérentes d’une part au respect des paroles bulgares de ces chants dont il fallait conserver toute la saveur originelle et à s’adapter à de nouveaux rythmes modulés (changements de la mesure, passage du majeur au mineure et vice versa dans un même chant) qui leur donnent une vie et une puissance spirituelle capable d’agir sur tous les éléments les plus subtils de notre être. Cet émerveillement allait être ultérieurement complété par la découverte de la Paneurythmie où cette même musique est associée à une danse spirituelle dont les mouvements apportent une nouvelle dimension et une dynamique supplémentaire par leur emprise sur notre être tout entier. Je serai d’autant plus sensible à cet aspect de l’Enseignement que la danse avait été pour moi depuis tout petit une source de joie et d’exultation. Mais les vacances d’été terminées, j’allais devoir regagner la ville de Lyon où les études m’attendaient.
Toutefois déjà l’année suivante une nouvelle rencontre avec le Maître m’était réservée. En effet en vacance l’été suivant dans un hôtel de St Raphaël, je me trouvais alité à la suite d’une nage un peu prolongée entre le Lion de Mer (une petite ile) et St Raphaël dans une mer trop froide qui m’avait provoqué une otite à l’oreille gauche. Or le Maître avait été invité par le Fr. Jean Jahan à visiter au Bonfin sa résidence d’été, en fait un simple cabanon et surtout à découvrir la Côte d’Azur française et italienne en voiture. Ce frère étant un coureur automobile se sentait tout à fait à l’aise pour mettre sa conduite à la disposition de l’Initié dont il venait l’année même de faire connaissance comme auditeur de la première conférence publique de notre Maître à la Sorbonne. Ayant appris que nous étions dans le voisinage, en effet St Raphaël jouxte Fréjus, à leur retour de San Remo en Italie, le Maitre et Frère Jean viennent nous visiter à l’hôtel des Myrtes, où ils ont la surprise de me trouver alité. Aussitôt le Maitre s’approche de moi, pose sa main quelques minutes sur mon oreille, la douleur occasionnée par l’otite disparaît aussitôt et le Maître nous informe que je suis guéri, mais m’invite à faire attention de ne pas prendre froid sur cette oreille. Ainsi, animé d’une profonde reconnaissance pour avoir été si rapidement libéré d’un mal qui gâchait mes précieuses vacances de collégiens, je découvrais ce pouvoir du Maître qui ne faisait que renforcer ma conviction qu’il était un représentant sur cette terre d’êtres supérieurs.
J’apprendrai plus tard que le Maître utilisera ses pouvoirs pour libérer quelques uns de ses disciples de maladies autrement plus graves telles que des cancers, mais le Maître demandera toujours à ce que ces guérisons restent tout à fait confidentielles afin d’une part de ne pas provoquer d’éventuelles jalousies, le Maître ne soignant une personne que si le Ciel lui en donnait la permission.
En effet dans nombre de cas la maladie est venue pour ramener le patient dans la voie du Bien et de ce fait son élimination contrecarrerait les plans du Ciel et n’aurait pas à long terme un résultat bénéfique pour son évolution. Rappelez-vous le Maître Philippe de Lyon qui n’acceptait de soigner que les malades s’engageant à suivre après leur guérison une certaine hygiène de vie tant physique que spirituelle.
La second motivation du Maître pour sa discrétion était que de telles révélations ne pouvaient qu’entraver sa véritable mission : « la propagation d’un Enseignement capable de remédier par sa pratique aux causes mêmes de toutes les maladies du corps et de l’âme, ayant leurs origines dans les plans physique et spirituel, et cela tant à l’échelle de l’individu qu’à celle de la société ». Or il est certain que la révélation des pouvoir de guérisseur de notre Maître lui aurait attiré toute une foule de malades qui aurait entravé considérablement sa mission. Et c’est déjà pourquoi il se protégeait déjà des simples curieux, C’est ainsi qu’après quelques conférences publiques en 1938, le Maître ne se manifestera plus que devant ses disciples et de ses invités.
L’année suivante, 1939, j’aurai de nouveau l’occasion de revoir le Maître de passage à Lyon où je résidais encore alors. En effet ma tante Stella avait invité le Maître à faire connaissance de sa mère qui résidait à Lyon en bord de Saône ; Elle souhaitait que sa mère, ma grand-mère, en fin de vie puisqu’elle allait quitter bientôt cette terre (1943), puisse comprendre la nouvelle vie de sa fille qui avait quitté son statut de fonctionnaire pour se mettre au service de Frère Michaël et du travail que le Maître Peter Deunov lui avait confié d’introduire en France l’Enseignement de la Fraternité Blanche. Ayant assisté à cette rencontre, j’ai pu mesurer combien ma grand mère avait été sensible à cette présence si chaleureuse et rayonnante à laquelle elle restera liée par la pensée en même temps qu’elle communiera mieux à distance avec les activités de sa fille Stella en région parisienne. J’ai pu mesurer aussi avec quel amour le Maître distribuait ses précieuses perles adaptées à chaque être qu’il rencontrait afin de rendre son passage fructueux pour l’avenir de chacun.
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