Témoignage de Raphael Bellemin (4)

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FRERE MICHAEL- PREMIERS DISCIPLES

     1937-1943

Le Maître fit en 1938 de nombreuses conférences publiques devant un parterre constitué en majorité de spiritualistes et de relations de Sœur Stella et de ses amis dans la salle du Luxembourg, place de la Sorbonne. A Lyon où je résidais alors je pus écouter en Juin 1938 la première conférence du Maître sur la Galvanoplastie  spirituelle donnée devant le groupe fraternel de Lyon qu’animait depuis peu Fr.Tony Bellemin, le frère charnel de Sœur Stella. A l’occasion de ce déplacement  le  Maître visitait  la mère de Sœur Stella ,alors âgée de 70 ans, qui habitait toujours Lyon où ses enfants étaient nés. Le Maître lui expliqua en quelques mots les fondements de l’Enseignement et la grande bénédiction que c’était pour ses enfants Stella et Tony de se consacrer à sa diffusion dans le monde. Ma grand-mère resta ainsi profondément liée au Maître jusqu’à son départ pour l’au-delà, 4 an après.

Absorbé par mes études, je ne pu me joindre à ceux du groupe de Lyon qui eurent le privilège de se rendre en Bulgarie auprès du Maître Peter Deunov en 1939.

Mais à partir de 1943, j’eus la chance de poursuivre mes études à Paris et de bénéficier ainsi de la présence du Maître dans la capitale et de pouvoir assister chaque printemps aux conférences quotidiennes que le Maître donnait après les levers de soleil auxquels nous venions assister de la villa de la rue Jehanne d’Arc à Sèvres qui avait été louée pour loger le Maître et les quelques disciples rapprochés qui prenaient soin de lui. Au dernier étage de la villa, sous le toit, il y avait une grande salle avec des fenêtres donnant à l’est d’où l’on pouvait contempler le soleil levant. Nous assistions debout au lever de soleil, selon la pratique de la Fraternité bulgare, nous récitions les 3 prières (le Notre Père, la Bonne Prière et le Psaume 91) et chantions les 3 chants associés à ces prières. Nous faisions divers exercices de respiration, en particulier retenir son souffle pendant un certain nombre de minutes en s’imaginant baignés dans la lumière de l’une des couleurs du prisme que le Maître nous précisait. Nous descendions ensuite dans le jardin faire les exercices sous la conduite du Maître qui nous adressait souvent à la suite quelques paroles  qui se transformaient souvent en véritable conférence. Aussi c’était alors un véritable déchirement que de devoir interrompre cette écoute pour se hâter vers la gare afin de rejoindre, parfois avec un coupable retard, qui son patron, qui son bureau, qui ses professeurs.

Un jour le Maître nous entraîna tous les frères depuis la villa jusque dans la forêt de Fosse Repose  qui jouxte Izgrev. Nous passâmes devant une petite villa que des frères et sœurs avaient louée pour le Maître et où les volets et le toit avaient été peints aux couleurs bleues fraternelles ce qui avait eu pour effet de contaminer quelques voisins qui d’abord surpris et choqués par ces couleurs qui tranchaient sur le gris des constructions avoisinantes traditionnelles se sont mis à peindre à leur tour en bleu leurs propres volets.

Dans une clairière de cette forêt, nous nous assîmes  tous en cercle, y compris le Maître qui plaisanta en s’imaginant que bientôt il sera le seul imberbe instruisant les frères barbus que nous allions devenir. C’est en fait le contraire qui allait quelques années plus tard se produire en 1960 lorsque notre Éducateur reviendrait barbu de son périple en Inde, nous surprenant par son nouveau visage devenu si semblable à celui de son maître, le Maître Peter Deunov, que nous  crûmes un instant en accueillant notre Maître à l’aéroport à un retour sur terre.de ce dernier qui l’avait pourtant quitté en  1944.




J’eu bientôt la chance de pouvoir loger dans cette villa de la rue Jeanne d’ Arc qui abritait déjà en plus du Maître et de Sœur Stella,  deux couples à l’origine de la Fraternité française, d’une part Fr. Jean et Sr Raymonde Jahan, les propriétaires d’un petit cabanon sur un terrain du lieu-dit le Bonfin à Fréjus qui allait en s’élargissant progressivement devenir le Domaine du Bonfin, ce centre spirituel de la Fraternité Blanche Universelle de plus de 10 hectares qui rassemble aujourd’hui chaque année des frères et sœurs provenant du monde entier, et d’autre part Fr.Michel et Sr.Marie Domanitchevsky, un couple russo-suisse qui s’était mis au service du Maître. Je n’eus plus ainsi à traverser aux aurores en vélo le bois de Boulogne pour assister dès le printemps aux levers de soleil quotidiens avec le Maître, ce que je n’aurais manqué pour rien au monde. Et ce n’est pas sans un serrement de cœur que je devais m’arracher chaque matin à cette merveilleuse ambiance et à cette conférence improvisée du Maître qui suivait notre gymnastique pour pédaler sur mon vélo jusqu’à la rue Montgolfier au centre de Paris où se trouvait alors l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures dont j’étais élève et où bien souvent je me suis trouvé sanctionné pour retard.. (A cette époque de l’occupation allemande, il était très facile de circuler en vélo dans Paris où ne roulaient que les rares voitures officielles de l’occupant)

Je me rendais également chaque semaine à la chorale fraternelle qui se réunissait dans une salle louée rue Perel à l’autre extrémité de la capitale où une sœur suissesse, Hélène Borget, nous familiarisait avec le répertoire des chants de la Fraternité composés pour la plupart par le Maître Peter Deunov et dont les paroles bulgares nous imposaient une certaine gymnastique linguistique.

Mais pour caractériser cette période  de 1937 à 1943, il n’est rien de tel que de se reporter au premier compte rendu d’activité de l’association qui allait naître en 1947 résumant bien la vie de ce premier groupe de disciples de Frère Michaël, noyau de cette nouvelle association, la Fraternité Blanche Universelle.

«  C’est en 1937 que Michaël Ivanoff, (pour tous ceux qui étudiaient son Enseignement :Frère Michaël) est venu en France à l’époque de l’exposition universelle.

Il y avait alors 25 ans qu’il était disciple du grand Maître Peter Deunov. Ceux qui l ’approchèrent sentirent son  rayonnement et son grand savoir.

 

Ses conférences à la salle du Luxembourg, puis boulevard Saint Germain, avaient un grand succès, et ce succès entraîna une nécessité, celle de publier les conférences. C’est pourquoi, dès fin 1938, les conférences sténographiées par Sœur Stella furent ronéotypées grâce au désintéressement de chacun. De nuit, par équipe, la ronéo tournait au rythme des chants du Maître.

Quel exemple émouvant nous apparait alors dans cette foi dans l’avenir.


En 1938 et en 1939, des réunions de plein air furent organisées. En particulier dans les parcs des environs de Paris, ainsi à St Nom la Bretèche  où la Fraternité fut photographiée. Là, frère Michaël parlait, enseignait la paneurythmie, et la gymnastique matinale. Les chants appris réjouissaient déjà nos oreilles. Ces réunions groupèrent quelquefois plus de 200 personnes. Des photos et un film en 9 m/m attestent de tout ce travail déjà réalisé dans une ambiance fraternelle. La paneurythmie avait été étudiée dans des studios de la rue Bonaparte et des Champs –Elysée. Sous l’influence de cet enseignement nouveau, certains frères au nombre de 25, décidèrent de partir en Bulgarie, vers les lacs de Rila, vers la demeure d’un grand Maître.

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