Témoignage de Raphael Bellemin (2)

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LA SAGA BELLEMIN

Au début du 20ème siècle vivait à Lyon une  famille protestante  d’origine modeste. Leurs parents en effet avaient été de simples artisans. Par son travail et ses qualités le mari, Antoine Bellemin avait acquis une bonne situation dans la banque où il travaillait depuis son plus jeune âge et dont il allait devenir directeur en fin de carrière professionnelle. Il était de plus membre du Consistoire de l’Eglise Réformée de Lyon, étant apprécié des autorités religieuses protestantes pour son niveau de moralité et son attachement au service de ses semblables. Il ne refusait jamais à personne de la recevoir pour la conseiller et l’aider dans la mesure de ses possibilités. Par exemple et je peux en témoigner puisqu’il était mon grand père, il ne riait jamais à l’idée qu’il y avait tant de malheureux sur la terre et que c’était les oublier que de se réjouir. On voit que cette morale chrétienne était encore loin de celle que nous préconisera l’Enseignement de la Fraternité Blanche Universelle. Mais avec la complicité de son épouse Marie, une épouse modèle couturière avant son mariage qui catholique d’origine, s’était pour se marier convertie au protestantisme, toujours de bonne humeur et qui aimait remplir ses taches ménagères en chantonnant, il allait donner la vie à quatre enfants Bellemin qui semblaient provenir d’une même sphère très différente, tant ils se manifestèrent rapidement comme imbibés d’une culture spirituelle  étrangère  à celle de leurs parents et comme ayant en même temps entre eux quatre une complicité que les parents avaient beaucoup de peine à comprendre et à expliquer. Seule la connaissance de la réincarnation et des liens karmiques tissés dans des vies passées peuvent expliquer de telles situations, Mais ces notions étaient bien entendu tout à fait étrangères à cette famille lyonnaise protestante et à son entourage.

 

Ces quatre enfants se prénommaient en fonction de leur ordre d’arrivée : Catherine, née en 1887, Eugénie née en 1892, Tony né en 1893 et Francis né en 1896. Mais les filles modifieront leur prénom usuel, Catherine en Ketty, Eugénie en Stella . De plus tous sauf Tony se sentiront quelque jour des talents d’écrivain et publieront leurs œuvres sous les pseudonymes respectifs de Ketty Kephren pour Ketty, de Svezda pour Stella et de Yvan Bell pour Francis. Dorénavant nous n’utiliserons plus par simplicité que ces prénoms choisis par chacune pour désigner les membres féminins de cette famille qui allaient jouer différents rôles dans le processus de l’enracinement en France de la Fraternité Blanche Universelle.

L’intérêt de préciser le rôle des éléments de cette famille est d’illustrer comment le ciel prépare à travers des incarnations déterminées et des évènements programmés la mise en œuvre de ses plans concernant la réalisation de ses grands projets relatifs à l’évolution de l’humanité, il s’agit en l’occurrence de la préparation des conditions  devant permettre la venue d’un grand Maître envoyé pour semer en France, puis dans le Monde, les graines de la nouvelle culture de l’ère du Verseau et pour y créer l’égrégore de la Fraternité Blanche Universelle  qui sera en charge de sa maturation.

 

Stella qui jouera, après le Maître, le rôle essentiel dans ce scénario divin, jouait dès son plus jeune âge en compagnie de sa sœur aînée Ketty à des jeux d’enfant inspirés de souvenirs de l’ancienne Egypte au grand étonnement des parents. Puis l’ensemble des enfants s’intéressera très vite à la pratique d’exercices psychiques dont ils ramenaient apparemment la souvenance d’incarnations antérieures car rien dans leur environnement ou leur hérédité ne les prédisposait à de telles connaissances et activités. Ce fut d’abord sous la direction de Ketty, son aînée que la petite Stella s’engagea dans cette voie spirite accompagnée par son frère cadet Tony qui s’avérera tout au long de sa vie comme un fidèle cavalier servant. Il n’en sera pas de même de son aînée Ketty qui aura bientôt tendance à utiliser ses dons de clairvoyance à des fins personnelles et qui n’aura pas les mêmes soucis de pureté intérieure qui animeront toute sa vie Stella ce qui entraînera à l’adolescence une rupture morale entre les deux sœurs et plus tard chez Ketty une terrible jalousie en voyant le Maître Omraam Mikhael Aïvanhov prendre sa sœur pour secrétaire.

 

La jeune Stella rapidement manifesta des facultés intellectuelles qui lui permirent de  passer sa licence de Science et d’obtenir le Brevet Supérieur de Capacité pour l’Enseignement Primaire en 1910. Elle dirigera de 1914 à 1919 le Service de Recherche des Réfugiés Belges et Français à l’Hôtel de Ville de Lyon, ce qui lui vaudra la Médaille de la Reine Elisabeth de Belgique en 1920. Elle deviendra en 1918 à l’âge de 26 ans membre de la Société Astronomique de France, sera stagiaire à l’Observatoire de Lyon de 1919 à 1927 avant d’être nommée Météorologiste à l’Office National Météorologique, nomination à cette époque plutôt exceptionnelle pour une jeune femme. Elle publiera dans le Journal de Physique le résultat de ses observations sur les accidents optiques de l’atmosphère, ayant pour but de prévoir quinze jours à l’avance le temps qu’il fera. Il ne semble pas d’ailleurs que depuis lors beaucoup de progrès aient été fait dans les prévisions ! ! Nommée à l’O.N.M de Trappes, elle quittera Lyon pour Paris. C’est là qu’elle recevra par écriture automatique un Enseignement spirituel dont elle fera bénéficier un groupe d’amis. En fait à son insu elle sera la première à faire connaître en France l’Enseignement de la Fraternité Blanche tel qu’il était dispensé en Bulgarie par le Maitre Peter Deunov, enseignement qui sera repris puis adapté par le Maitre Omraam Mikhaël Aivanhov pour la France et les nations occidentales à partir de 1937 date de l’arrivée en France de ce Maître.

C’est Stella qui hébergera alors le Maître dont elle deviendra la Secrétaire, renonçant bientôt à son statut de fonctionnaire à l’O.N.M. pour se consacrer entièrement à la diffusion de l’Enseignement, à la création et à la bonne marche de l’association Fraternité Blanche Universelle dont elle deviendra à la fin de sa vie présidente de 1974 à 1980.

  Déjà Stella avait  assuré à Bruxelles la présidence du Congrès Spirituel Mondial de 1946.

 Elle défendra avec acharnement, compétence et efficacité le Maître qui victime d’un complot fomenté par une coalition des ennemis de la véritable spiritualité (francs-maçons, églises, athés, espions de régimes communistes, etc.…) sera traîné en 1948 devant la justice française et incarcéré.

 Stella avait préparé la rédaction d’un livre sur ce pénible épisode de la vie du Maître, mettant en lumière son innocence par des documents irréfutables rendant évidents les mensonges de ses accusatrices et dévoilant les inqualifiables manœuvres des ennemis de la Lumière.. Mais on avait préféré ne pas publier ce témoignage du vivant des personnalités politiques et judiciaires impliquées et compromises dans cette affaire car leurs réactions auraient pu dans un premier temps nuire au Maître et à la diffusion de son Enseignement. Sœur Stella comme elle était nommée par tous les disciples, s’éteindra paisiblement au Bonfin le lendemain du Congrès d’été de 1981 à l’âge de 89 ans.

Le Maître OMA présentera dans une conférence du 12/07/1982 le grand amour que Sœur Stella lui a témoigné tout au cours de sa collaboration exemplaire à son œuvre  comme un exemple de pur amour au  niveau de l’individualité, devant illustrer l’amour idéal entre disciples.  

Son frère Tony d’un an plus jeune que sa sœur lui restera toujours très proche. Handicapé physiquement par des crises d’asthmes qui l’obligeront une grande partie de sa vie  de dormir allongé dans un fauteuil, mais il se trouvera complètement libéré de cette allergie vers la fin de sa vie grâce à la seule pratique assidue de l’Enseignement.  Il dirigera de nombreuses années le groupe fraternel de Lyon où il résidait.  Il accompagnera en Bulgarie, l’année 1939, un groupe de plus d’une quinzaine de disciples de Frère Michaël désirant rencontrer le Maître Peter Deunov. Ce sera d’ailleurs un dernier contact avec la Fraternité bulgare, en effet  leur retour se fera par le dernier train avant la fermeture des frontières consécutive au début de la deuxième guerre mondiale. Le Maître Peter Deunov quittera bientôt notre terre. Mais la nouvelle de son départ ne nous parviendra que quelques mois après. Frère Tony financera en 1947 l’achat de la propriété d’Izgrev à Sèvres dans la banlieue parisienne, propriété qui deviendra le Siège Social de la jeune Association Fraternité Blanche Universelle créée cette même année. Nommé président de cette association en 1967 il quittera paisiblement notre terre, un an après, en méditation à son domicile ainsi que l’a constaté la personne qui venait régulièrement faire son ménage. Il a vécu toute sa vie en ascète ayant pour principe d’ignorer sciemment tous les cotés négatifs de la vie, c’est ainsi que personne ne l’a jamais entendu se plaindre de quoi que ce soit à commencer de son asthme,  de sorte que le Maître l’a montré souvent en exemple dans ses conférences.

En ce qui concerne sa sœur aînée  Ketty, son rôle sera plus nuancé. Dans son jeune âge elle aidera et accompagnera sa cadette Stella dans la découverte du monde invisible, des sciences spirites, mais à l’adolescence, il y aura bien vite un divorce de plus en plus marqué entre Stella à la recherche d’une spiritualité pure et cristalline exempte de toute compromission et sa sœur attirée par les sciences spirites qui la conduiront à différentes activités où les forces négatives interfèrent avec les forces blanches. Après une vaine tentative de se lancer dans la littérature et la critique cinématographique, elle s’occupera successivement de désenvoûtement, puis de guérison à partir de voyance et de massage.

 

Ayant toujours vécue chez ses parents, mes grands-parents, qui habitaient alors dans la même maison que mes propres parents, j’ai eu la possibilités pendant toute ma prime enfance de bénéficier de toute une culture spiritualiste grâce à une tante, heureuse de trouver dans son neveu une oreille attentive, de sorte que lorsque je rencontrerai le Maître à l’âge de 14 ans, j’aurais déjà lu sous son impulsion quantité d’ouvrages de maîtres spirituels indous et autres qui m’avaient déjà initié entre autre au principe de la réincarnation, au grand dam de mes camarades de classe auxquels j’essayais de faire partager mes convictions. Elle me donnait aussi des leçons de piano, mais je dois dire que dans ce domaine, les résultats furent plutôt négatifs me brouillant définitivement avec les études musicales.

 

Pour ce qui est enfin de mon père Francis qui était le petit dernier de la famille, il bénéficiait du milieu intellectuel ouvert aux sciences spirites de ses sœurs. C’est ainsi que prisonnier en Allemagne pendant la guerre 1914-18 il pratiqua avec ses sœurs une correspondance par transmission de pensée, à la barbe de ses geôliers allemands, lui permettant  d’étudier avec  ses sœurs domiciliées en France, le phénomène de propagation de la pensée tout en transmettant de ses nouvelles. Avec des amis il anima un petit groupe littéraire et théâtral à Lyon « La Bohême de la Pensée » et s’aventura sans succès dans l’écriture littéraire en publiant un roman,    sous le pseudonyme d’Yvan Bell. Directeur de Banque à Lyon, puis Inspecteur Général de cette même banque à Paris, repris par son goût pour l’écriture, il occupera une partie de sa retraite, prise en Grèce dans le pays natal de son épouse, à rédiger le brouillon de nombreux  ouvrages qu’il ne publiera jamais sur des sujets les plus divers, tels qu’une interprétation très personnelle de mythologies, que des études sur l’origine et la formation des diverses écritures, sur la vie de Jésus, sur l’économie, etc…études toujours marquées par une analyse très poussée et très personnelle des sujets traités. Finalement, il sera enterré en 1973 dans la principale nécropole de cette ville d’Athènes où son épouse était née et où il a vécu, retraité, ses 13 dernières années alors que, à contrario, son épouse grecque, reposera   dans le cimetière de sa ville natale à Lyon.

En effet Francis avait rencontré en 1921 sur la Côte d’Azur, dans un hôtel de St Raphaël où il était allé passer ses vacances, une famille grecque d’Athènes, une mère accompagnée de sa fille de 17 ans, grande amie d’une des filles de l’hôtelier. Cette famille venait chaque année en villégiature dans ce même hôtel. Une voix intérieure lui chuchota alors qu’il allait épouser la mère ou la fille. Après avoir hésité, c’est finalement la fille que le destin lui destinait et c’est comme cela que deux ans plus tard, un bébé allait être mis au monde et bénéficier du prénom de saint que je porte. En effet Francis et son épouse Christine n’allaient être autres que mes futurs parents et je serai ce bébé qui, incarné le 10 Février 1923, s’ébattra déjà à l’âge de 3 mois sur la plage de Fréjus, lieu qui devait par la suite jouer un rôle essentiel dans sa vie, dans ma vie..

De plus il convient de noter que précisément cet hôtel où mes futurs parents venaient de faire connaissance appartenait alors à des membres d’une famille Andrau, qui se trouve aujourd’hui propriétaire  d’un terrain à  Fréjus jouxtant le Domaine du Bonfin où j’ai  été appelé à passer une grande partie de ma vie. Aussi il semblerait que l’âme de ce bébé que j’étais avait déjà bien ciblé avant de naître son point de chute !

En tant que témoin et souvent acteur des événements que je vais tenter de rappeler, il est bon qu’en quelques mots, je me situe en tant qu’individu.

 

Né le 10 février 1923 en signe de Verseau, j’allais faire mes études primaires et secondaires à Lyon au Lycée du Parc avant de suivre à Paris les cours de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures (E.C.P.) dans la promo 1946, promo qui précède juste d’un an celle d’un de nos prestigieux président de notre Association également sorti de Centrale, Claude Lamy, qui nous a prématurément quitté pour rejoindre la demeure de notre Maître et de nombre de nos anciens.

 

 Ingénieur dans une grande entreprise d’électronique qui changera plusieurs fois de nom au gré de fusions successives et qui aujourd’hui est connue sous le nom de Thalès, je m’occuperai essentiellement d’antennes de communication et aurai dans cette tache l’opportunité de me déplacer dans de nombreux pays situés sur divers continents.

Marié en 1972 à l’instigation du Maître j’aurai avec mon épouse, suisse de naissance, une fille et un fils tous deux du signe du Verseau et dont les prénoms, à notre demande, ont été choisis par le Maître soit Krassimira et Vélik. Mis en retraite anticipée en 1981, je me consacrerai dès lors en plénitude à mes activités fraternelles, c'est-à-dire au service des diverses organismes créés dans le but de faire connaitre et pratiquer l’Enseignement donnés par les Maitres Peter Deunov et Omraam Mikhaël Aïvanhov dans le cadre de l’épanouissement de la Fraternité Blanche Universelle sur notre terre et en particulier pendant plusieurs années au développement du Domaine du Bonfin, centre international de la Fraternité Blanche Universelle situé sur la Côte d’Azur française à proximité de Cannes.

 

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