Témoignage de Christine (avril 2011)

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J’ai vécu, il y a quelques années, ce que beaucoup considèrent comme l’épreuve ultime: la perte d’un enfant.

Ma fille était une belle jeune femme de 27 ans, à la fleur de l’âge, en excellente santé, pleine de projets et de vie. Un torrent de montagne impétueux a tout fait chavirer en quelques minutes, sa frêle embarcation et nos destins.  Avant la brutale confrontation à la réalité drastique, il y eut une dizaine de jours d’incertitude, de crainte mêlée d’espoir. Allait-on les retrouver, elle et ses compagnons? Suspens insoutenable! 

Sans l’aide de l’Enseignement d’Omraam Mikhaël Aïvanhov qui m’inspirait et me guidait depuis de nombreuses années, je ne sais vraiment pas comment j’aurais réagi dans une telle situation ! J’en aurais sûrement terriblement voulu aux organisateurs de l’expédition et à toutes les personnes qui, directement ou indirectement, ont eu une responsabilité dans ce drame. J’aurais sombré dans une souffrance sans fond, me révoltant contre l’injustice de cet évènement.

Tout cela aurait certainement eu des conséquences néfastes sur mon travail, sur ma santé et sur le reste de la famille.

 

Heureusement, cet Enseignement fut pour moi une aide puissante, au delà de tout ce que j’aurais pu imaginer !

Bien sûr le choc fut violent ! Nous avions, Aurélie et moi, un lien très profond. Malgré sa nature indépendante, ses nombreuses amitiés et activités, nous partagions des temps d’échanges précieux et authentiques.

Je me souviens avoir ressenti, tout de suite après la confirmation de son départ pour l’au-delà, l’envie irrépressible de la suivre dans son voyage, de quitter un monde qui m‘apparaissait brusquement tellement prosaïque, limité, dénué de tout intérêt, pour découvrir dans son sillage des régions nouvelles, vastes, lumineuses. Peut-être aussi l’instinct maternel, archaïque et dérisoire dans ce type de situation me poussait-il à vouloir protéger mon enfant en territoire inconnu.

 

 

La première aide de l’Enseignement de la Grande Fraternité Blanche Universelle fut de me permettre de résister à cette tentation, car je savais que le Ciel n’aime pas que l’on décide soi-même de la date de son passage dans l’autre monde ! Nous n’en avons pas le droit et ce qui se passe ensuite, si nous passons outre, n’est pas tellement fameux !

 

J’ai aussi senti de manière très tangible la présence et l’aide d’Aurélie. Pendant les 10 jours d’incertitude, et tout de suite après un certain coup de fil qui m’a fait abandonner tout espoir, j’avais la sensation qu’elle me tenait la main, fortement et qu’elle me disait «Maman, on est deux gagnantes!».J’ai réellement senti une énergie particulière me soutenir, me protéger, me galvaniser et ces mots résonner dans ma tête.

 

Le premier choc amorti, ce qui m’a puissamment aidée à surmonter cette épreuve majeure, ce sont les connaissances que j’avais acquises au fil des années passées à écouter et à lire les conférences enregistrées d’Omraam Mikhaël Aïvanhov. Ces lectures, réflexions, écoutes, méditations m’avaient peu à peu donné une autre perspective de la vie et de la mort.

J’ai souvent comparé chaque conférence à une pièce de puzzle. Peu à peu, au fil du temps, on réalise que les morceaux s’emboîtent les uns aux autres et qu’une grande fresque, cohérente, remplie de sens se dévoile progressivement à nos yeux. Le changement de point de vue, guidé par un exceptionnel pédagogue, se fait en douceur pour ne pas brusquer nos résistances intérieures et nous permettre de nous approprier, à notre rythme, et en toute liberté, ces  grandes vérités nouvelles.

 

  J’avais ainsi acquis la conviction que la mort n’existe pas. Cette magnifique pensée de mon Maître avait toujours fortement résonné en moi : « La vie et la mort sont deux puissances que nous voyons partout en action dans l’univers. Mais, en réalité, seule existe la vie, la mort est contenue dans la vie. La mort n’est qu’un changement de plan, un changement de forme, de vêtement, un déplacement pour une nouvelle mission à accomplir, une modification de l’état de conscience. Une transformation de la vie ne peut être la fin de la vie. La vie et la mort se donnent la main et travaillent ensemble pour l’évolution. La mort est donc une illusion … Seule existe la vie ininterrompue, la vie sans limite, la vie éternelle. »

J’étais profondément convaincue qu’Aurélie continuait à vivre différemment et j’étais (et je suis toujours bien sûr) certaine de la revoir un jour, car les liens d’amour, ciment de l’univers, sont indestructibles. 

Notre séparation était provisoire. Comme les retrouvailles seraient douces, intenses et joyeuses!

 

Ensuite, j’avais compris qu’une Intelligence Supérieure tissait la trame de nos vies, que rien n’était dû au hasard, surtout pas un évènement aussi important que le passage dans l’autre monde.

 

Mes années de travail spirituel m’avaient rendue très humble et confiante vis-à-vis du Ciel. L’Intelligence Cosmique savait mieux que moi ce qui était bon pour ma fille, pour son évolution ; mon point de vue terrestre était tellement limité, tant de choses m’échappaient ! 

Sans doute avait-elle terminé son travail sur cette terre et avait-elle d’autres apprentissages à faire ailleurs!

Cette perception des choses m’a beaucoup aidée à pardonner aux organisateurs de l’excursion. Bien des légèretés, étonnantes pour des personnes expérimentées, avaient présidé à l’organisation de ce périple. J’ai compris qu’Aurélie n’était pas partie à cause d’eux, mais qu’ils n’avaient été que des instruments entre les mains du Ciel. Alors, comment leur en vouloir ?

 

Ce qui m’a aussi aidée à accepter «l’inacceptable», c’est qu’il y a eu un survivant dans la petite équipe. Un jeune homme a pu miraculeusement se raccrocher à une branche. Je me suis dit « pourquoi lui et pas elle ?». J’y ai vu la preuve que c’était bien son destin, à elle, de partir à ce moment-là et dans ces conditions.

Que faire d’autre que d’accepter ? De toutes façons, nous n’avons pas le choix. Se révolter ne sert à rien qu’à accroître notre douleur. Accepter ce qui est, en faisant confiance au Ciel, en lâchant prise, en ayant foi dans le sens profond qui se cache derrière un tel évènement permet de transmuter la souffrance. J’en avais déjà fait l’expérience dans le passé et j’ai réalisé plus tard que le Ciel m’avait préparée à vivre cette épreuve ultime.

 

J’ai toujours senti au plus profond de moi-même que nos enfants ne nous appartiennent pas. L’Enseignement de la Grande Fraternité Blanche Universelle n’a fait qu’accroître cette conviction. Comme le dit si bien Kalil Gilbran : « Vos enfants ne sont pas vos enfants, ils sont les fils et les filles de l’appel de la vie à la vie, ils viennent à travers vous, mais non de vous. »

Et j’ai compris la chance et le grand  privilège que j’avais eu d’être la maman d’Aurélie pendant 27 ans. Car ce fut une enfant «cadeau», facile à élever, tellement attachante !

 

Cette compréhension nouvelle de la mort m’a donc puissamment aidée.

J’ai refusé d’associer des sentiments de tristesse à cet évènement. Pour moi, Aurélie est toujours jeune, belle, lumineuse, heureuse et plus vivante que jamais. D’ailleurs, à plusieurs reprises, j’ai eu des signes flagrants de sa présence invisible.

 

La pratique de la méditation m’avait habituée à me lier au monde invisible et j’ai donc naturellement continué à échanger avec elle par la pensée et par le coeur.

 

Un évènement particulier a eu aussi un impact majeur sur moi : la première conférence enregistrée d’Omraam Mikhaël Aïvanhov que j’ai écoutée après le départ d’Aurélie pour l’autre monde, était une conférence tout à fait nouvelle pour moi et que je n’ai plus jamais entendue par la suite. Le Maître y réprimandait une maman qui se lamentait car elle avait perdu son fils. Il était sévère avec elle, surtout dans le ton de la voix, plus que sur le fond. Il lui disait quand même qu’elle n’avait rien compris à son enseignement, que son fils était heureux, dans la lumière, que le pleurer était égoïste... En écoutant le Maître, j’étais partagée : une partie de moi le trouvait dur avec cette maman, dénué de compassion et, en même temps, cette force martienne me faisait étrangement du bien, m’aidait à m’élever au dessus des régions astrales dans lesquelles je me sentais engluée par moments et à opérer un recadrage salvateur.

J’étais progressivement envahie par une sensation de libération intérieure. C’était comme s’Il me disait : « Mais bon sang, ne te laisse pas avoir par cette vieille conception erronée de la mort ! Ouvre les yeux ! Il n’y a aucun vrai sujet de tristesse!». J’avais l’impression d’être un alpiniste en train de faire un ultime effort pour passer au-dessus de la couche de nuages. Ce que mon intellect avait compris, mon Maître m’aidait à le vivre dans mon coeur, dans mes cellules. J’ai réalisé plus tard que ce Grand Initié faisait de la magie blanche dans cette conférence. Et me sont apparus clairement la grande sagesse et l’amour infini qui se cachaient derrière cette sévérité apparente. Je me suis sentie «dégagée» après son audition. Cette force éclairée du Maître m’a bien plus aidée que la compassion (dont je le sais merveilleusement capable dans d’autres circonstances!), mais qui «ramollit» un peu dans les grandes épreuves.

Par la suite, je me suis renseignée auprès de la personne qui choisissait habituellement les conférences, car je pensais qu’il y avait eu une intention particulière de sa part. Etrangement, ce n’était pas elle qui avait fait ce choix, mais quelqu’un d’autre qui n’avait aucune idée derrière la tête et n’avait pas fait du tout le lien avec la situation. Sachant que le hasard n’existe pas, j’ai vu dans cet évènement la preuve que le Ciel avait organisé les choses ainsi !

 

 

Grâce à l’Enseignement de la Grande Fraternité Blanche Universelle et à Omraam Mikhaël Aïvanhov, j’ai pu surmonter cette épreuve et aider ma famille à mieux la vivre.

Qu’Il en soit ici immensément remercié ! Et que ce témoignage puisse aider d’autres personnes dans des situations similaires. C’est dans ce but que je l’ai écrit.

 

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